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Liens entre les niveaux de fluide cérébral
et le syndrome de stress post-traumatique Norm fait remarquer également que les forces armées des États-Unis poursuivent des recherches de grande envergure sur tout ce qui a trait aux situations de stress. Une de leurs études les plus fructueuses a consisté à administrer un examen IRM à des militaires avant leur départ pour la première guerre du Golfe, et un autre à leur retour. Les chercheurs ont constaté une baisse de la production de fluide au niveau de l'hippocampe du cerveau des sujets qui avaient vécu des expériences traumatiques, et ils ont noté aussi que les fluides cérébraux, surtout du côté droit du cerveau, étaient beaucoup plus bas que la normale chez les sujets atteints du syndrome de stress post-traumatique. Selon les hypothèses, cette réaction serait liée à un processus neurologique trop rapide pour que le processus mental normal puisse y réagir. Norm croit que le programme de formation en PMC pourrait agir comme " bloquant " et empêcher le déclenchement du processus d'altération. Les intéressés pourront obtenir des renseignements de plus sur cette question en entrant en contact avec Norm à l'adresse norman.barlow@tcc.on.ca |
C'est ici qu'intervient Norm Barlow.
Norm Barlow, psychothérapeute et formateur, et moi-même,
qui suis chef adjoint d'un service
d'incendie, sommes amis depuis de longues années. Un jour, Norm
m'a présenté une idée que j'ai trouvée à
la fois intrigante et captivante.
Norm m'a dit : " J'ai un concept qui peut rendre les pompiers plus efficaces. Il s'agit de les amener à se concentrer sur la tâche à accomplir dans l'immédiat, et à laisser leur formation prendre le dessus, tout en composant avec le côté émotif de la situation de manière à s'aider eux-mêmes. Ainsi, ils seront mieux en mesure de faire face à la situation avant, pendant et après sa venue. De plus, cette idée me donne l'occasion d'accomplir quelque chose de vraiment significatif en aidant un grand nombre de personnes. Cela t'intéresse? "
Bien sûr que cela m'intéressait. Nous avons tout de suite commencé à discuter du moment, du lieu et de la façon de faire pour mettre en uvre l'idée de Norm.
Entre-temps, alors que je participais à la 13e Conférence mondiale sur la gestion des catastrophes, j'ai assisté à un exposé de Debbie Hassel, chef adjointe des Services d'incendie de Fairbanks, dans l'Alaska, sur les techniques auxquelles peuvent avoir recours les praticiens de première intervention pour maîtriser ce sentiment d'impuissance qui peut vous saisir devant une situation qui s'aggrave et se détériore de seconde en seconde. Selon Mme Hassel, nous effectuons une planification préliminaire qui tient compte de presque toutes les éventualités sauf de nos perturbations émotives, desquelles nous nous occupons habituellement après coup dans le cadre de consultations après l'intervention. Elle admet aussi que la recherche a mené à très peu d'information relativement au contrôle avant l'intervention. L'idée de Norm, concrétisée en un programme de conditionnement mental préalable à l'intervention (Pre-incident Mental Conditioning ou PMC), allait combler cette lacune. Les membres de l'équipe de pompiers volontaires de la Central Huron Fire Area, répartis en deux groupes, ont reçu une formation en PMC dans des rôles respectifs de mise à l'essai et de développement.
Le
premier groupe a été initié au plan TAP. Le "
T " veut dire " Talk to Yourself ", c'est-à-dire,
" Se parler à soi-même ", et représente
la première étape du programme. Norm m'a fait remarquer
que les propos que l'on se tient à soi-même pendant une journée
sont à 70 p. 100 négatifs et que ce pourcentage augmente
radicalement dans les situations stressantes. Le premier pas en avant
consiste donc à se parler à soi-même en se convaincant
d'adopter une attitude positive, et la meilleure façon d'y parvenir
est de suivre le principe CAT (Control, Awareness, Thinking properly)
ou : maîtriser la situation; en rester conscient et penser clairement.
Le " A " de TAP veut dire " Act as if ", c'est-à-dire, " Agir comme si ", et il conditionne et prépare l'intervenant à remplir ses fonctions le plus efficacement possible, un peu comme s'il jouait un rôle dans un film qui se trouve être la vie réelle.
Le " P " de TAP représente l'état de puissance positive de l'intervenant.
Pendant son exposé, Norm renforce les éléments de TAP et du principe CAT au moyen d'exercices de visualisation clinique. Il s'agit de techniques éprouvées qui deviennent des déclencheurs pouvant servir à renforcer la formation pendant le trajet jusqu'au lieu d'intervention.
La formation en PMC donne-t-elle les résultats escomptés?
À notre avis, du moins, et bien qu'elle soit encore en voie d'élaboration, la formation en PMC sera très certainement un atout pour tous les praticiens de première intervention, et elle peut même être utile en cas de crise personnelle. Pour les pompiers volontaires de la Central Huron Fire Area, l'épreuve décisive s'est produite la veille du jour où le second groupe devait commencer sa formation en PMC.
Nous répondions à un appel signalant d'abord un véhicule en feu, puis le message a changé et nous avons dû nous préparer à dégager trois personnes prisonnières de ce véhicule en feu. Arrivés sur les lieux, nous nous sommes retrouvés en plein dans le cauchemar de tout sapeur-pompier : deux morts dont l'un était encore à l'intérieur du véhicule enveloppé par les flammes.
Le compte rendu et l'évaluation après l'intervention ont montré un niveau nettement supérieur de préparation au moment de l'arrivée sur les lieux, et ensuite une réaction plus efficace à la situation, chez les pompiers qui avaient déjà reçu la formation en PMC.
Cet outil sera précieux. Il suffit de l'utiliser correctement.
Steve Cooke est actuellement chef adjoint du service d'incendie de la Central Huron Fire Area et il en deviendra le chef à part entière en janvier 2004.
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